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vendredi 17 juillet 2020

Paul McCartney randomisé


Extrait de la première interview de sir Paul McCartney depuis la fin du confinement.

Patrick Elkrourdin
Paul McCartney nous a fait l’honneur de nous accorder cet entretien dans un moment difficile, et je veux dire ici que toute la France, que je représente durant cette heure, l’en remercie.
Paul McCartney
Je n’en demande pas tant !
Patrick Elkrourdin
Alors je vous pose tout de go la question qui brûle les lèvres : qu’est-ce que c’est que cette histoire de chanson ?
Paul McCartney
Oh c’est peu de choses, c’est juste une chanson que j’ai composée durant le confinement et que j’ai postée directement sur Youtube.
Patrick Elkrourdin
Une contribution de solidarité ?
Paul McCartney
C’est ça. En donnant cette chanson, j’ai voulu simplement offrir quatre minutes de divertissement aux gens enfermés chez eux.
Patrick Elkrourdin
Une chanson libre de droits ?
Paul McCartney
Non, mais diffusée gratuitement ; personne n’a besoin de payer pour l’entendre ou la télécharger. Et elle a recueilli 850 millions de vues en deux jours. (applaudissements)

vendredi 23 août 2019

Waze naze



Il y a quelques années, peut-être vingt ans, un copain m’avoue qu’il a pris l’habitude de faire ses courses chez Ed l’épicier (ou chez Leader Price, je ne m’en souviens pas, c’était l’époque où ces enseignes nouvelles envahissaient la France). Je fais les courses chez Ed, qu’il me fait, et immédiatement, il complète son aveu par une précision que je ne réclamais pas : ils ont des super produits ! J’aurais été étonné qu’il avoue acheter ses fournitures dans un magasin qui ne vend que de la merde.

lundi 17 juin 2019

Les femmes déferlantes



Je me souviens de ce qui déclencha l’abandon de mon téléviseur, dans les années 1990 : une explosion. Un habitant de l’immeuble contigu eut la mauvaise idée de déconner avec le robinet de gaz, et l’explosion qui s’ensuivit détruisit, en même temps que les murs du dit immeuble, tous les fils cheminant sur les façades, dont celui de la télé. Qui serait resté insensible à un signe aussi colossal ? Le surlendemain, je portai ma télé à la déchetterie. A un mec me demandant s’il pouvait « la récupérer », je répondis non. Il s’éloigna en disant « connard ». J’étais sur la bonne voie.

samedi 17 février 2018

L'éternel féminin


Selon une formule ancienne mais promise à un avenir considérable, on ne lit plus Rémy de Gourmont. Ce nom propre placé en fin de phrase peut naturellement être remplacé par une liste impressionnante d’équivalents. Rémy de Gourmont fait partie de ces littérateurs du XIXème siècle, à la fois érudits, romanciers, poètes, chroniqueurs, critiques, incarnant ce que les humanités ont pu produire de plus solide. Chez Rémy de Gourmont, c’est le chroniqueur qui a ma préférence. Rassemblées en volume sous le titre Epilogues, ses chroniques des années 1895 à 1898 nous renseignent parfois sur notre époque. Au chapitre traitant des féministes, on trouve :

« (…) En certains États de l’Amérique du nord, où elles sont maîtresses, elles ont fait fermer les cabarets, les bars, les cafés, les cercles, les théâtres. Bibliques, elles ont ordonné la stricte observance dominicale, défendu les bals, les jeux - et les mauvaises mœurs. Une police immense surveille tout. Pour se faire délivrer un grog – même américain – il faut une ordonnance de médecin et les manipulations de l’apothicaire, qui seul peut vendre les alcooliques poisons. C’est le moyen-âge de la légende ; ce serait l’opéra-bouffe, si ce n’était l’enfer. Elles ont ainsi obtenu une société idéale où tout est sacrifié à la famille, à la femme, à l’enfant, - société toute théorique, car l’Anglo-saxon est hypocrite et nul, pas même sa femme, ne peut l’empêcher de se saouler à domicile, mais société légale qui a épouvanté les voyageurs européens. (…) »

samedi 20 janvier 2018

Victimes triomphantes



Quand j’étais gamin, un danger de la vie quotidienne nous guettait tous : rencontrer un type sortant du cinéma, d’une salle où l’on avait donné un film dit de karaté. La chose était assez courante, à l’époque, et générait une sorte d’enthousiasme guerrier chez de très nombreux cons (les cons ont toujours eu cette faculté magique d’être nombreux). Exalté et rendu téméraire par une heure dix de fantastiques coups de pieds, le couillon de ces temps-là sortait du cinoche avec la ferme intention de prendre la relève de son héros : malheur au maigrichon qui croisait alors sa route, un regard suffisait pour déclencher une avalanche de mawashi-geri souvent maladroits, mais énergiques. Avoir vu Bruce Lee disperser les méchants à coups d’atemis libérait, chez le boutonneux, une agressivité mimétique mêlée d’admiration : à lui aussi il fallait son quota de faire-valoir à ratatiner, et sans tarder ! Notons bien que le jeunot n’aurait jamais pensé à s’identifier, dans le film qu’il venait de voir, à celui qui se prend la raclée. Seul Bruce Lee, ou son équivalent, faisait l’affaire. C’est qu’en ces temps-là, les jeunes étaient déjà cons, certes, mais pas totalement désorientés : les héros vainqueurs servaient de modèles sans qu’on eût besoin d’expliquer pourquoi.

lundi 25 décembre 2017

Le morceau du jour qui serait jugé politiquement incorrect aujourd'hui


Il se dit ici où là qu'il ne faut plus souhaiter un "joyeux Noël" aux gens, mais de "bonnes fêtes"... Le bonnes fêtes a l'avantage d'être vague et de s'adresser littéralement à tout le monde. Quand on affirme qu'on aime "l'humanité" (dans une chanson de la Nouvelle scène française, par exemple), on est suffisamment vague pour aimer tout le monde, mais personne en particulier. Quand, autre exemple, on aime les pompiers, qui sauvent des gens dans des situations scabreuses, on peut le prouver en leur donnant du fric, en achetant leurs brioches ou leur calendrier affreux. Quand on aime l'humanité, en revanche, on ne peut pas le prouver par un acte. Un type qui aime l'humanité, il faut le croire sur parole... Le "bonnes fêtes" est dans cette catégorie : il ne s'agit plus que d'une joie abstraite, désincarnée, tellement générale qu'elle peut aussi bien ne pas être du tout une joie, ni une fête. Comme tout ce qui est politiquement correct, nous nous retrouvons devant un anti-mot : vocable qui ne signifie ni ne spécifie plus rien.

Al Green, lui, cessa une carrière d'artiste soul bien partie pour être une des plus belles, pour se consacrer uniquement au petit Jésus, et à Dieu, son papa (comme chacun le sait). Il sombra dans le gospel comme d'autres font dans l'alcoolisme. Avant cela, il nous fit don de quelques morceaux d'anthologie soul rarement égalés. Tiré de l'album Call me (1973), ce bijou de musique chrétienne...


lundi 16 octobre 2017

Il faut interdire la musique !


J’ai été mis récemment devant la vidéo ci-dessous. A cette occasion, j’ai appris qu’un type nommé Grégoire existait, qu’il vendait des disques en tant que chanteur, quoiqu’il soit probablement le fruit des amours bruyantes d’un chacal enrhumé avec un troupeau de chèvres. Dans la vidéo, on voit que ce nasique joue dans le hall de la gare de Lyon où, depuis plusieurs années, un piano est mis à la disposition de la foule.


Un piano dans un hall de gare. Aucun espace civilisationnel au monde n’est plus bruyant qu’un hall de gare, entre les trains qui arrivent, ceux qui partent, entre les annonces des trois cents haut-parleurs, les cris des gosses, les vagissements des petits, les gueulements de chacun, le bruit des valises à roulettes, le piano apparaît comme l’élément indispensable pour faire de cet endroit atroce la légitime demeure de Belzebuth.

jeudi 27 juillet 2017

Ce sont mes couilles



Il y a trois semaines, assis sur un strapontin dans le métro, j’ai vécu une expérience anodine mais qui prend, ces jours-ci, une signification manifestement prophétique. Voici : dans la rame du métro, les strapontins vont par deux. L’un est situé contre le flanc même du métro, l’autre est placé du côté du couloir. C’est ce strapontin qui recevait, cet après-midi-là, la part la plus symétrique de ma personne. A la station Bastille, une flopée d’ahuris viennent s’ajouter aux occupants en place, et une femme piriforme vient s’asseoir à côté de moi. Plus précisément, elle s’assoit en partie sur moi, car ses hanches, larges comme l’arrière d’une fourgonnette, dépassaient de beaucoup les dimensions prévues par les ergonomes de chez Alstom. Quoique rondelette, cette femme ne s’approchait pas du quintal, mais ses formes éminemment féminines répartissaient dans la partie inférieure du corps l’essentiel de sa masse. Derechef, je glisse mon infime cul sur la gauche, laissant à ma fesse droite la mission de supporter seule le reste du parcours. Je fis ainsi de mon mieux pour laisser à cette femme la place revendiquée par son imposant fondement, en conservant quand même le privilège inconfortable d’être assis à 50%. Dans cette situation, croyez-moi, nulle trace d’une quelconque émotion érotique, du moins pour ce qui me concerne. Je restai, indifférent, cinq bonnes minutes calé contre les fesses d’une géante inconnue, comme un hameau paisible aux pieds d’une montagne…

jeudi 22 septembre 2016

Les Gau... les Gogos... les Gaulois !


Il faudrait être tombé bien bas pour se mettre à commenter les déclarations, les petites et grosses phrases de monsieur Sharkozy. Il faudrait être tombé encore plus bas pour commenter les réactions des journalistes à ces mêmes phrases, ou celles de Vélo-Bêle-qui-s'aime, d'Alain Jupet et consorts. Il paraît même que Myriam Elle-Khomriz (oui!) a dit quelque chose au sujet des Gaulois : qu'elle profite bien du micro qu'on lui tend encore, car son nom tombera inexorablement dans l'oubli, pour n'être plus associé dans la mémoire collective qu'à la plus calamiteuse loi de ces trente dernières années. Elle-Khomriz a un truc à dire sur les Gaulois, putindmerd, et on ne le savait pas !!

Non, nous ne sommes pas tombé si bas. Ces cons-là peuvent y aller sans retenue, à leur habitude, nous ne nous intéressons plus à leurs balnaves. Pour toute personne qui a des yeux pour voir, une tête pour relier les choses entre elles, une mémoire pour ne pas les oublier, et un cœur pour juger, ces coquins-là ne méritent que le coup de soulier. Un bon gros coup de tatane dans le figne !

Mais des Gaulois, il se fait que nous en parlions, justement, ici-même en octobre 2007, pour en dire ce que les journalistes et les peigne-culs ne veulent toujours pas entendre. C'est d'ailleurs un peu pour ça qu'on le faisait, et que nous continuons. Alors on vous le repasse... Les journalistes qui, aujourd'hui plus encore qu'hier, se vantent de ne pas croire à "nos ancêtres les Gaulois" pour mieux croire, à grands coups de conscience, à "nos ancêtres les immigrés" ! Choisis ton camp, eh couillon !

Ça se présentait comme ça.

***


Nos ancêtres les Gaulois

Le Galate mourant. IIIème siècle av. J.C

On aurait pu dire nos ancêtres les Romains, nos ancêtres les Germains, nos ancêtres les Francs, le problème reste le même. Je m’explique.
Depuis pas mal d’années, on se moque de la formule qui m’a servi de titre au prétexte qu’elle est fausse, simplificatrice et, par-dessus tout, qu’il y a dans les écoles de France beaucoup d’enfants dont les ancêtres NE SONT PAS des Gaulois. C’est une erreur fondamentale ou, au mieux, un malentendu.
Quand on apprenait aux gosses que leurs ancêtres étaient des Gaulois, on ne prétendait pas faire la généalogie précise de chacun d’entre eux. Cent mille écoliers ont forcément cent mille généalogies différentes. Par cette formule, on prétendait dire qu’EN TANT QUE FRANÇAIS (c'est-à-dire membres de la Nation), nous avons des ancêtres, dont les Gaulois, ceux qui habitèrent ce pays il y a plus de vingt siècles, et qui continuèrent d’ailleurs de le faire, sous d’autres appellations (croyez pas qu’ils ont soudain disparu en tant qu’individus). Les ancêtres des Français actuels, d’un point de vue territorial, sont les Gaulois, et tous les autres peuples qui ont successivement campé ici. Historiquement, la formule est incomplète, fausse, réductrice, elle s’apparente au mythe, oui, mais il ne faut pas se tromper sur ce qu’elle signifie profondément. Elle s’adresse à chaque petit citoyen actuel en lui disant que ce pays existe depuis un paquet d’années en tant que tel, que des gens y ont vécu, comme nous le faisons aujourd’hui, et ces gens-là sont forcément nos ancêtres. Pas génétiquement, pas ethniquement, mais « nationalement ».
En tant que Français, je me sens tout à fait descendant des Romains, par exemple et entre autres. Je suis né à Lyon, à un kilomètre du théâtre antique, et je ne vois pas pourquoi je refuserais cet héritage. Parce que mes parents ne viennent pas de Rome ? mais ce serait un hors sujet complet ! Et que signifie, à l’échelle de l’Histoire, l’origine des parents d’un pauvre type comme moi ? Celui qui, en tant qu’individu, veut en savoir plus long sur ses ascendants a toujours la possibilité de faire des recherches généalogiques. Ce n’est quand même pas l’école qui va se charger de ça, et pour chacun d’entre nous en plus !
La question tourne en réalité autour de ce qu’on appelle une Nation. Sans être forcément « nationaliste », on ne peut pas faire l’impasse sur le fait que nous vivons dans un système appelé Nation. La Nation française repose sur ce qu’on appelle une communauté de destin. En clair, qu’on soit Savoyard, Piémontais, Polonais, Togolais (c'est-à-dire qu’on soit originaire d’un « ailleurs » plus ou moins lointain), on accepte de partager son destin avec les autres membres de la nation à partir du moment où on devient « français ». Ça ne signifie pas que notre arbre généalogique personnel soit subitement modifié, ça veut dire qu’on ne parle plus de ça, ou que ce n’est pas le sujet. Gambetta ou Mac Mahon, ou Bonaparte, ont des noms qui fleurent bon l’étranger, ce qui ne les empêche pas de faire partie de l’Histoire et de la nation françaises.
Prétendre que l’école doit apprendre aux enfants dont les parents viennent d’Afrique ou d’Asie que leurs ancêtres sont les Béninois ou les Cambodgiens, par exemple, revient à introduire une idée ethnique dans un système qui veut justement dépasser cette question archaïque. On ne peut pas à la fois être universaliste, vouloir abolir les différences de traitement selon l’origine « ethnico raciale » des citoyens, et ne parler que de leur origine ethnico raciale, à tous moments et dès l’école primaire ! Faire partie de la Nation, c’est faire théoriquement COMME SI les ethnies n’existaient pas. Ça paraît gonflé, mais c’est exactement ça. Et dans tous les pays où on ne fait pas ça, les problèmes se traduisent toujours en termes ethniques (un peu comme on commence à le faire en France depuis quelque temps). La merde. D’ailleurs, si on extrapole la situation actuelle des échanges entre les peuples, on peut prédire qu’au bout de quelques siècles de mélanges et de migrations intenses, les ethnies proprement dites disparaîtront. Autant ne pas se fier à cette réalité changeante…
Je propose d’ailleurs aux lecteurs de cet article de faire un petit exercice, pour que chacun puisse relativiser la notion de racines, autrefois exclusivement réservée aux poireaux, aux pissenlits, aux platanes et autres molaires, mais qu’on entend évoquer à tout bout de champ, sous prétexte d’exactitude. Voilà :
Chacun d’entre nous a deux parents (réels, génétiquement parlant), quatre grands-parents, huit arrière grands-parents, etc. Si on considère qu’il y a une génération tous les 25 ans, nous avons quatre générations par siècle. Un gosse né en l’an 2000 a donc sur un siècle 2 parents + 4 grands-parents + 8 arrière grands-parents +16 arrière arrière grands-parents ascendants, c'est-à-dire trente personnes qui ont fait génétiquement qu’il existe. Sur un siècle donc, 2 exposant 4 ascendants. Si on veut remonter jusqu’en l’an 1500, ce qui n’est pas de la haute antiquité, nous avons 2 exposant 20 ancêtres, c'est-à-dire 16 777 216 gugusses ! Que celui qui croit connaître ses ancêtres vienne me donner les noms de ces millions de papys, pour voir ! et leur ethnie, leurs opinions, leur religion, le pays où ils ont vécu, et s’ils avaient les yeux verts !
Non, on voit par un simple calcul que les limites de notions comme origines, racines, race, ethnie, sont vite atteintes : il s’agit pour une grande part d’un MYTHE auquel on se raccroche (genre « ma famille vient de Bretagne », qui signifie souvent que les grands-parents viennent de là-bas, au mieux qu’on a fait des recherches et qu’on a trouvé des noms sur quelques centaines d’années, des noms le plus souvent masculins, ce qui exclut mathématiquement des millions d’ancêtres féminins, et qui de toutes façons ne remontent pas bien loin si on considère que chacun d’entre nous à forcément des ascendants depuis des millénaires !). Et ce mythe est le plus fragile qui soit, pour peu qu’on y réfléchisse : un individu issu d’un peuple très homogène, par exemple un Japonais, qui fait un enfant avec un individu issu d’un peuple hétérogène, Américain, Français, Turc, Colombien, etc. produit donc immédiatement un enfant dont l’origine ethnique se perd pour moitié dans le labyrinthe du temps et des hasards, c'est-à-dire un enfant qui n’a plus d’ethnie proprement dite. C’est fini. Or c’est qui nous arrive à tous, ou ce qui nous arrivera à travers nos enfants.
La question des ancêtres d’un individu est donc une question privée qui touche à la croyance, à la représentation, au mythe. L’école ne peut pas en parler, sinon pour en rappeler justement les limites. Elle doit en revanche apprendre à ses jeunes citoyens que les gens qui vécurent ici furent successivement des Gaulois, des Romains, etc. Simplement l’histoire du pays, merde !
A cette liste, nos descendants dans deux siècles ajouteront probablement des Vietnamiens, des Turcs, des Marocains, des Portugais, etc. c'est-à-dire que la liste sera tellement longue qu’elle perdra peut-être à leurs yeux tout sens.

vendredi 24 juin 2016

Brexit, mon amour



Samedi dernier, profitant d’un trajet en voiture, j’écoute l’émission de Christine Okrent sur France-Culture, Affaires étrangères. Elle traite du brexit. Pour se faire une idée juste de la chose, Okrent a invité deux spécialistes ès qualité, tous deux opposés au brexit. Recette moderne éprouvée : les meilleurs débats sont ceux qui n’opposent aucune idée à une aucune autre. Imaginons le principe okrentien appliqué à l’Euro de foot : Le France rencontre le Portugal, mais il n’y a que des joueurs français sur le terrain… Heureusement, mon trajet fut de courte durée.

dimanche 5 juin 2016

BlackM, plug anal mémoriel



Allons-nous tous finir par sombrer dans l’antisocialisme primaire ? Non pas que le socialisme comme projet nous dégoûte, mais parce que le socialisme français en tant qu’exercice du pouvoir, franchisse une à une, sans coup férir et la conscience claire, toutes les limites de l’ignoble.

Matez deux minutes le trombinoscope du gouvernement français (celui-là ou n’importe lequel, en fait, vous y remarquerez toujours le même modèle dominant) : collection de bourgeois replets, de daronnes volontaires faisant suer le burnous à leurs subordonnés, de joufflus semblant taillés pour la gifle. Ces têtes-là ne doivent pourtant pas être jugées sur leur apparence inoffensive: ce sont des durs, des idéologues furibards. Ce sont des tronches où le plus petit sens commun a disparu, que la décence a abandonnées, que la retenue n’a sans doute d’ailleurs jamais effleurées. Comment les médias appellent-ils, d’ordinaire, un individu dangereux pour les autres, retranché dans ses bastions, dont le comportement ne suit plus qu’une obsession létale, et qui, si l’on veut l’empêcher de nuire d’avantage, devra être délogé d’urgence ? Un forcené.

dimanche 6 mars 2016

Les frontières que l'on feuque


S’il fallait courir mettre une gifle à tous ceux qui le méritent, la vie ne serait plus qu’un interminable galop.
De même, il serait épuisant de relever chaque ânerie médiatique, chaque grossièreté, chaque abrutisme sociétal pour en faire, par exemple, un texte sur un blogue. Et pourtant la tâche, devenue immense, apparaît comme un devoir, non pas tant pour changer quoi que ce soit à la déferlante, mais pour témoigner, devant l’Histoire, que le triomphe universel de la bêtise s’est accompagné de rebuffades, d’ironie, de critiques et de malédictions.

Jusqu’à mercredi dernier, j’ignorais tout de Charline Vanhoenacker, heureux temps. J’ignorais son nom et son existence ; j’ignorais aussi ce que la combinaison des deux imprononçables composant son blaze désignait en termes de gonzesse : c’est un laideron blond comme il en existe tant dans les publicités pour les robots-mixer, les voyages là oùsqu’il fait chaud et les assurances sympa.

mardi 1 mars 2016

La femme à part


S’il fallait courir mettre une gifle à tous ceux qui le méritent, la vie ne serait plus qu’un interminable galop.
La connerie est une source d’énergie qui, à la différence de l’énergie éolienne, est disponible indépendamment du temps qu’il fait. Cet avantage est sans aucun doute à l’origine de la confiance que tous les gouvernements placent, depuis la nuit des temps, dans cette manne inébranlable.

Le développement inouï des moyens de s’informer va de pair avec l’effarement qui saisit l’honnête homme lorsqu’il se rend compte qu’il est à peu près seul au monde. Car ce qu’on appelle « s’informer » revient, la plupart du temps, à constater que la bêtise est universelle, et qu’elle ne se calme pas. Comme on le sait, il y a de nombreuses façons d’être un imbécile. Le point commun évident entre elles, c’est tout simplement leur résultat, à quoi aboutit toujours l’imbécillité : mélange d’aveuglement, de certitudes foireuses, de conclusions illogiques, de mauvaise foi, d’ignorance, de partis-pris délirants, d’idéologies forcenées, de conformisme crasse, d’erreurs triomphantes et de bonne conscience. Un exemple ?

samedi 3 janvier 2015

Imbécile peut en cacher un autre



Qu’on me pardonne cette confidence personnelle : je suis fasciné par l’imbécillité. J’y consacre non seulement une partie de mon activité « professionnelle », mais aussi une partie de mes loisirs, de mon temps libre, de mes forces. Par les multiples formes qu’elle prend, l’imbécillité se révèle beaucoup plus riche que l’idiotie, assez monolithique dans sa brutalité. Quand on est idiot, quand on ne comprend rien, on est idiot tout simplement, sans ambiguïté, sans détours et sans rémission possible. « On ne naît pas plombier-zingueur, on le devient », a dit un grand philosophe. On naît idiot, et on le demeure, ajouterai-je modestement.

De son côté, l’imbécile peut exceller dans son art de multiples façons, dont la plus captivante (selon moi) est celle que la grande culture renforce. Il y a des imbéciles ordinaires, peu remarquables et peu différents en réalité d’un idiot quelque peu doué. Mais il existe une catégorie supérieure d’imbéciles, fortement dotés par la nature, capables et souvent conscients de l’être, intelligents au sens technique du terme, qui peuvent exceller dans leur domaine de compétence tout en crétinant dans les autres. Oui, quand l’idiot est à peine capable d’aligner deux mots cohérents, quand il patauge dans une syntaxe de gamer et trouve ses maîtres à penser parmi les présentateurs de jeux télévisés, l’imbécile, quant à lui, peut avoir fait Normale sup, il peut avoir un salaire annuel à six chiffres, il peut être ministre, philosophe, docteur en sciences ou grantartiste. Un ingénieur, quelle que soit sa spécialité, peut faire un imbécile de toute première catégorie. Quiconque a fait l’expérience de discuter avec des médecins, d’autre chose que de médecine, sera convaincu que l’imbécillité y recrute ses plus grandes figures. En somme, un imbécile ne manque pas forcément des moyens de comprendre, mais il se montre incapable de les employer pour cela. Il les utilise pour obtenir un diplôme ou faire une belle carrière, il en use pour échanger avec ses confrères ou écrire un livre sur sa spécialité, il dépense de la matière grise pour établir, par exemple, un protocole complexe pour envoyer une sonde dans le cul d’une planète invisible, mais cela ne lui sert pas à comprendre un peu finement le monde des humains.

mardi 23 décembre 2014

L'art menacé de l'insulte



Insulter une personne est un art dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Avant que l’Homme n’invente l’agriculture, avant qu’il n’invente l’élevage, la charrue, le feu et le rôti de bœuf, il insultait déjà les connards de la grotte d’en-face, c’est certain. En cette matière comme en tant d’autres, il est probable aussi que les Égyptiens et les Grecs antiques furent des insulteurs de première, et que les Romains les imitèrent sans jamais parvenir à égaler blabla blabla.
A une époque beaucoup plus récente, les Pieds noirs d’Algérie se distinguèrent non par un sens politique remarquable, mais par une inventivité dans l’insulte qu’on n’avait plus connue depuis la fin des guerres de religion. Hélas, nous vivons des temps modernes où l’insulte trop directe, trop efficace, trop imagée, trop poétique subit l’acharnement des puritains, des peine-à-jouir, des ligues de vertu et des avocats. L’arsenal des lois venant chaque jour renforcer le bras de ces censeurs, il est probable que le compliment et le léchage culier deviennent bientôt les seules façons légales d’apprécier l’action de nos contemporains. HELAS !

Devant ce recul civilisationnel, il est urgent de sauver les insultes qui peuvent encore l’être. Puisque nous ne pouvons plus insulter le tout-venant librement, insultons moins mais insultons mieux, insultons plus précisément, insultons qui l’on peut, insultons les faibles, insultons les enfants, insultons même les sourds, mais n’abandonnons pas notre passion d’insulter! Dans cette course à l’efficacité, essayons de définir des insultes qui puissent blesser uniquement les gens à qui on les destine. Posons-nous donc la question : des insultes sans dommages collatéraux, en quelque sorte, sont-elles possibles ?

mardi 2 décembre 2014

Révisionnisme orgasmique


Lisant un article dans la presse de masse, il est de plus en plus fréquent qu’on en vienne à se demander « mais qui, qui a écrit ce truc ? ». La plupart du temps, on tombe sur un nom inconnu, qui mériterait de le rester jusqu’à la fin des siècles. On se dit alors qu’on a affaire à un pigiste, ce qui n’est pas nouveau, dont le rédac chef n’a pas relu l’article, ce qui est inouï.

Ce n’est pas l’absence de style qui dérange le plus, ni l’art si particulier de se prendre les pieds dans le tapis de la langue française (la langue française est un tapis, oui, je l’affirme, je le décrète, car c’est mon choix !). Ce n’est pas la minceur de ce qui est dit, le flou du contenu informatif ni l’approximation qui règne en maîtresse. C’est la prétention à écrire absolument n’importe quoi en toute impunité.

Prenons un exemple sur le site du Figaro. Dans la rubrique Culture ( !), un articulet d’une certaine Violaine Morin veut nous apprendre quelque chose sur le soi-disant « mythe de l’orgasme de Meg Ryan », mythe qui, d’après elle, s’effondrerait. Meg Ryan + orgasme : on pense immédiatement au film Quand Harry rencontre Sally, et l’on voit mal a priori pourquoi parler de mythe.