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vendredi 23 août 2019

Waze naze



Il y a quelques années, peut-être vingt ans, un copain m’avoue qu’il a pris l’habitude de faire ses courses chez Ed l’épicier (ou chez Leader Price, je ne m’en souviens pas, c’était l’époque où ces enseignes nouvelles envahissaient la France). Je fais les courses chez Ed, qu’il me fait, et immédiatement, il complète son aveu par une précision que je ne réclamais pas : ils ont des super produits ! J’aurais été étonné qu’il avoue acheter ses fournitures dans un magasin qui ne vend que de la merde.

samedi 17 novembre 2018

Les vieux des magazines qui ont des dents blanches


A en croire les chiffres, il semblerait que certaines personnes achètent encore ce qu’on appelle des magazines. Oui, aussi incroyable que cela paraisse, on peut trouver l’Obs, le Point, Paris-Match, l’Express etc. chez de simples particuliers comme vouzémoi, et pas seulement dans la salle d’attente du proctologue, leur milieu naturel. Ce phénomène touche heureusement à sa fin et s’il faut croire en quelque chose de beau en ce bas monde, c’est en la disparition de la presse que nous mettrons nos espoirs les plus fébriles.

dimanche 14 octobre 2018

Nah'din Lyon


Depuis qu’il existe, le touriste est objet de moqueries. C’est comme ça, c’est un fait universel, parfaitement justifié, que nul ne pense à discuter. Il semble né pour deux choses : payer plus cher dans les restaurants et recevoir des moqueries dans le dos. C’est ce qu’on appelle un couillon. Mais la meilleure moquerie, la plus sincère, la plus mordante même ne remplacera jamais la critique ni le mépris. Cette semaine, l’actualité lyonnaise nous donne l’occasion de détester (encore plus) les touristes : raison suffisante pour ne pas se faire prier.


mercredi 4 juillet 2018

Tranche de vie chez les neuneus.



Il y a environ vingt-cinq ans que j’ai renoncé à la télé, comme l’on dit. Elle n’avait jamais tenu une place importante dans ma vie de toute façon. Sa mise à la poubelle n’a pas représenté pour moi un sacrifice ni une épreuve : je l’ai jetée comme on se débarrasse d’un truc honteux dont on craint èque les voisins apprennent qu'on s'en régale. Cette séparation définitive m’a mis à l’abri d’un nombre important de merdes, au premier rang desquelles les émissions dites de télé-réalité. Je n’ai jamais vu aucune d’entre elles. Cependant, j’affichais la prétention d’avoir un avis pertinent à leur sujet, de connaître leur contenu comme par instinct. Erreur : on a beau être le plus persifleur des misanthropes, on ne s’approche jamais de la vérité sur les hommes. Quoi qu’on en pense, quelque malédiction qu’on prononce, quelque constat cruel qu’on fasse, il reste toujours du mal à en dire. Même enragé, le misanthrope se surestime : il patauge comme il peut d’euphémismes en euphémismes.

mercredi 6 décembre 2017

Mort de Johnny : on vous l'avait bien dit !


Johnny Hallyday est mort. Cette nouvelle semble surprendre le cosmos, qui voyait dans le yéyé un phénomène promis au millénaire. Comme souvent, nous annoncions la chose ici même, en janvier 2008. Dix ans d'avance, c'est un peu la norme chez Beboper...

Ça commençait comme ça...
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Plus près de toi...

La mort de Carlos, dont il était l’ami, a rendu Johnny Hallyday un peu nerveux. Lui qui misait sur la chirurgie inesthétique pour conserver l’air en forme, est arrivé à une conclusion très peu yéyé : on est bien peu de choses. Comme son autre ami Nicolas Sarkozy, Johnny Hallyday est très catholique, il pratique non seulement la moto chromée et la machine à abdo-fessiers mais aussi la messe, dont on dit qu’il est fou. Et comme il avoisine l’âge de raison (65 balais en juin), il a décidé en même temps d’arrêter les tournées, de se mettre à la guitare et de préparer ses funérailles.

lundi 16 octobre 2017

Il faut interdire la musique !


J’ai été mis récemment devant la vidéo ci-dessous. A cette occasion, j’ai appris qu’un type nommé Grégoire existait, qu’il vendait des disques en tant que chanteur, quoiqu’il soit probablement le fruit des amours bruyantes d’un chacal enrhumé avec un troupeau de chèvres. Dans la vidéo, on voit que ce nasique joue dans le hall de la gare de Lyon où, depuis plusieurs années, un piano est mis à la disposition de la foule.


Un piano dans un hall de gare. Aucun espace civilisationnel au monde n’est plus bruyant qu’un hall de gare, entre les trains qui arrivent, ceux qui partent, entre les annonces des trois cents haut-parleurs, les cris des gosses, les vagissements des petits, les gueulements de chacun, le bruit des valises à roulettes, le piano apparaît comme l’élément indispensable pour faire de cet endroit atroce la légitime demeure de Belzebuth.

vendredi 9 janvier 2015

La revanche des couilles



Ils ont massacré les gars de Charlie hebdo pour une seule raison : blasphème. Un châtiment pour avoir publié des caricatures de Mahomet. Que la représentation soit passée par cette forme de moquerie qu’on appelle caricature n’est pas forcément important, c’est le principe de la représentation de Mahomet qui est en jeu, caricatures ou pas. S’ils avaient publié une image de Mahomet en forme d’apologie, ils auraient été autant blasphémateurs aux yeux de leurs assassins.

Dès lors, il n’y a pas à tortiller. Les défileurs, les protestateurs, les allumeurs de bougie et les Je suis Charlie qui jurent qu’ils ne baisseront jamais les bras, qu’ils vaincront parce qu’ils sont les plus gentils, que la liberté ceci et que les droits de l’Homme cela doivent répondre à cette unique question : faut-il publier encore des images, drôles ou pas, irrévérencieuses ou pas, de Mahomet ? Dans l’avenir tel qu’on peut l’imaginer aujourd’hui, pensons-nous que des organes de presse, par exemple, iront publier de nouveau des images de Mahomet ? Un patron de presse prendra-t-il ce risque ? Si l’on répond non à cette question, les assassins ont gagné. C’est aussi binaire et simple que ça, et j’attends qu’on me démontre le contraire.

vendredi 17 janvier 2014

Pierre Bergé, le thaïlandais




En ce moment, et depuis plusieurs semaines, la Thaïlande connaît de très grosses manifestations anti-gouvernementales. Lassée de la corruption et de l’impunité de ses élites, le peuple est dans la rue et fait ce qu’il peut faire : il gueule. Hier, au beau milieu d’une manifestation de plusieurs milliers de personnes, une bombe a explosé.
Une bombe au beau milieu d’un cortège de manifestants, quel meilleur hommage la Thaïlande pouvait-elle rendre à Pierre Bergé, humaniste, homme de gauche et précurseur français, qui a su montrer la voie à ce courageux pays pour le traitement des opposants et autres vermines ?


En ces temps de morosité et de perte de confiance, n’ayons pas peur de revendiquer l’excellence française et ses réalisations hors de nos frontières. Au-delà d’Airbus, de la fusée Ariane et des eaux minérales, la France exporte aussi un certain sens du pragmatisme humaniste.

Pierre Bergé, un modèle pour le Sud.

samedi 14 septembre 2013

Suicidez-vous !





Communiqué : France-Culture et la fondation Jean Jaurès jouent un jeu dangereux. La récente publication d’un ouvrage affichant les noms de Mauroy, Hollande, Désir et Aubry en sa page de couverture (sans oublier Michèle Cotta) ne constitue-t-elle pas une pure incitation publique au suicide ? Ne relève-elle pas clairement de l’article 223-13 du Code pénal ? A-t-on le droit de suggérer, par une image, qu'une vie socialiste consiste à jouir d'un parterre de roses dans un parc sécurisé, loin des périphériques et de la crasse répandue ?
Et nous, avons-nous le droit de laisser faire ce genre de choses, quand on sait qu’un individu un peu faible, un adolescent égaré, une femme enceinte, un sanpapié, est susceptible d’ouvrir innocemment l’ouvrage et de voir, sans avertissement, s’étaler devant lui l’obscénité au bras de la torpeur ?

Nous demandons à tous les hommes de bonne volonté et à tout individu responsable d’interpeller son maire, son député (c’est souvent la même personne), pour que cesse cette provocation, et que la justice passe.

Nous demandons au Congrès américain d'intervenir !


samedi 26 novembre 2011

Violenzfétofam : le scandale

A l'heure où nous publions cet appel, nous apprenons que la quasi totalité des femmes de France sont battues en permanence par des hommes.
Ce scandale doit cesser !



mardi 9 août 2011

La guerre du froc


Il y a eu le Déluge. Il y a eu Gengis Khan et la Peste Noire. Il y a eu les trompettes de Jéricho. Il y a eu Stalingrad. Il y a eu la Bérézina, l’éruption de la Montagne Pelée, la grippe espagnole. Il y a eu les yéyés. Il y a eu l’incendie de Rome et l’effondrement de Lisbonne. Il y a eu Verdun. Il y a eu Auschwitz et la Révolution Culturelle. L’humanité a souffert, elle a pris des coups et a connu des drames épiques. Puis, il y a eu le pantacourt.

En ce moment même, les amusants idéologues des gender studies tentent de faire croire que l’identité sexuelle est une question de choix (une option performative), que le fait d’être un homme ou une femme n’est qu’une option socialement admise, parmi d’autres, et que la nature n’y a qu’un rôle secondaire. C’est évidemment un tissu d’âneries, mais ces faussaires étant à la mode, il nous faudra quelques décennies pour l’admettre. Il y a pourtant un moyen très simple pour démontrer que l’identité sexuelle est donnée, et non acquise : « la preuve du mollet ».
Observez deux mollets humains, l’un masculin, l’autre féminin. Ils remplissent théoriquement les mêmes fonctions et sont situés aux mêmes endroits. Ils sont pourtant radicalement différents, par un décret souverain de la nature, auquel on ne peut rien. Le mollet féminin est doux, fuselé ou potelé, mince sans être grêle, il enrobe la cheville pour en ôter les nervures, absorbe les malléoles dans un velouté exquis, il rebondit sous l’effet des vibrations, même les plus légères. Il est gai et insouciant. Il ne saurait faire de mal à une mouche. Il est si tendre qu’on en mangerait.
Le mollet masculin, c’est tout l’inverse. Si l’on excepte le phacochère malade et une variété pustuleuse de hyènes hirsutes, la nature n’offre pas de spectacle aussi laid qu’un mollet de mec. Il est velu, anguleux, il laisse saillir des os, il roule sous une peau mince des muscles noueux comme des ceps à piquette, il est plein de nerfs, il est plein de poils, il est dur comme une inutile bite disposée derrière un genou ! Quand il est maigre, il est affreux. Quand il est gros, il est grotesque. Dans les deux cas, il est suprêmement laid. Contrairement au rire, que d’autres mammifères partagent avec nous, le mollet humain est le propre de l’homme : personne d’autre n’en voudrait.
Et c’est à la gloire et pour l’exhibition de cette merde qu’on a conçu et répandu partout le pantacourt !
(En conséquence de ce qui précède, je précise que mes considérations scientifiques à suivre ne concernent pas les femmes. N’en déplaise aux partisans de la parité, sur le point de la laideur, les hommes ont une supériorité indiscutable.)

Qu’est-ce qu’un pantacourt ? Quand on décide d’en immoler un par le feu, comment peut-on être sûr de ne pas sacrifier par erreur un inoffensif bermuda ? C’est simple : un short s’arrête en haut de la cuisse. C’est un ustensile pratique pour courir ou faire le tapin. Un bermuda descend au-dessus du genou : on a rallongé le tissu dans l’espoir sincère, mais vain, de donner de la distinction au porteur de short. Un pantalon un peu trop juste, quant à lui, laisse voir la cheville, c'est-à-dire la chaussette : effet comique garanti, Bourvil lui doit tout. Le pantacourt, enfin, hybride monstrueux que l’avenir jugera, pendouille incompréhensiblement au milieu du mollet, ce muscle idiot. Et, par une cruauté de la nature que rien n’explique, le pantacourt est principalement porté par des hommes bedonnants dont les pans de chemises pendillent eux-aussi, détail qui renforce la mocheté du tableau au-delà du croyable.

La laideur du pantacourt est aussi d’ordre psychologique : c’est l’habit du parfait glandeur. C’est d’ailleurs devenu, en quelques années, l’uniforme du touriste occidental, cet inutile encombreur de ruines antiques. Dans tous les pays assez cons pour l’accueillir, l’homo-pantacouris s’affiche donc tel qu’il est : moche et content de l’être. Ce qui gêne le plus, c’est qu’en effet, le disgracieux s’affirme désormais comme une référence et s’avance en bataillons serrés. On les voit, ces légions à faire peur, marcher du pas nonchalant du congés-payé, mélange de lenteur et d’apathie, tripotant leurs téléphones mobiles d’un pouce mou tandis que quarante siècles les contemplent. Le traîneur de tongs ne s’excuse même plus de dépareiller le genre humain, il se fagote d’un pantacourt bien bariolé, histoire d’offenser l’indigène sans distinction, jusqu’au plus distrait, jusqu’au plus myope ! Armé d’une conscience parfaite de son bon droit, il se pavane avec ostentation, sous le regard affligé de l’hémisphère sud.
Quand il ne part pas en vacances de l’autre côté du globe, l’homo-pantacouris exhibe sa goujaterie en zone tempérée. C’est évidemment là qu’il est le plus atroce, renforcé par la loi du nombre. Si encore il se contentait d’errer à sa place, dans les centres commerciaux, les rues piétonnes et les parcs à schtroumpfs ! Mais non, il s’infiltre dans touts les secteurs, il pollue tout l’espace, il fait de tout recoin sa niche. On le trouve au concert, dans les squares, dans les églises et même, parfois, dans les bibliothèques ! Et partout, comme si ça ne suffisait pas, pour le plus grand malheur de la décence, il ajoute à son accoutrement le détail fatal : la sacoche en bandoulière.
La sacoche-minuscule-portée-en-bandoulière sert souvent de coordonnée au pantacourt. Elle est pour lui ce que l’escarpin est à la jupe. En Europe occidentale, depuis la disparition du catogan, il n’y a pas moyen d’avoir l’air plus con que de porter une sacoche en bandoulière. Et certains s’y adonnent en pantacourt !!

Depuis la Révolution française, il est acquis que les peuples ont vocation à l’émancipation. Le joug le plus méthodique ne saurait plus s’exercer trop longtemps. La liberté (y compris la liberté de s'habiller comme une bouse) guide l'Histoire. Les Russes sont venus à bout de leur esclavage collectiviste et militaire. Les Arabes eux-mêmes sont en train d’abandonner leur fascination pour la tyrannie paternalisto-moustachue. Il y a donc fort à parier que l’humanité, après en avoir beaucoup souffert, se révoltera bientôt contre cette torture vestimentaire, qu’elle inflige à ses membres les plus sensibles. Tant mieux.

mardi 17 mai 2011

La flamme est l’avenir de l’homme.


On le sait d’expérience, la réalité est la mère supérieure de toutes les fictions. Quand la fiction se débride, la réalité lui rappelle bien vite qu’en matière de fantaisie comme en matière d’horreur, elle ne saurait être dépassée.
Il n’est pas d’usage ancien qu’on brûle les morts en occident. On ne sait pas le nom du premier con qui a trouvé sympa de se faire volontairement chauffer le lard à quelques centaines de degrés, mais on constate son succès. En effet, il n’est désormais plus possible d’avoir une conversation sur la mort sans qu’un plaisantin vienne affirmer qu’il voue son corps aux flammes, « parce que c’est mieux que les asticots »… Ingratitude des viandes vives ! Inconséquence des éphémères ! Dire que des générations d’Européens ont nourri, entretenu, élevé, oui, é-le-vé des milliards de générations d’asticots en leur fournissant post mortem un copieux repas chaud farci de protéines, et nous voici au seuil du troisième millénaire à rationner le bifteck à nos compagnons d’éternité ! Nous vivons l’âge du Rationnement.
Quoi qu’il en soit, il faut se rendre à l’évidence, le crématoire est désormais devenu la destination très prisée des macchabées de par chez nous, on s’y précipite ventre à terre et les osselets en bataille.

Dans le catalogue des « raisons » censées justifier le choix du chalumeau plutôt que la vénérable tombe « pierres apparentes » qui fit la joie de nos ancêtres, on trouve l’argument de l’encombrement. Habitué à faire la queue chez Carrefour, à s’embourber par milliers sur les plages d’août, à faire du bite-à-cul sur le périph matin et soir pendant une vie d’employé modèle, le Français d’aujourd’hui n’est plus qu’un mec qui s’efface, un timide qui craint d’abuser, un modèle qui condamne l’usage de tout ce qui fait « du mal à la planète ». Cette tendance navrante est renforcée depuis peu par l’assurance que les humains, vivants ou morts, sont trop nombreux sur la terre. Les humains, et surtout moi-même ! se dit le Français moyen courant au four crématoire y trouver ses vingt centimètres cubes d’éternité.
On ne dira jamais assez ce que la rage écologiste a ajouté aux peurs traditionnelles de l’être humain, et les justifications nouvelles qu’elle a apportées à sa bêtise. La planète ayant été décrétée « trop petite » pour les milliards que nous sommes, l’homme moderne (donc responsable) se doit désormais de se faire mince. Le viatique écologiste (donc responsable) prescrit dix commandements impérieux :
1 Manger peu (des légumes),
2 jeter encore moins,
3 se déplacer seulement en cas de force majeure,
4 et JAMAIS EN BAGNOLE,
5 prendre des douches sans eau,
6 trier ses déchets, voire ceux des voisins,
7 limiter son empreinte écologique,
8 renoncer à jeter ses vieilles piles à la poubelle
9 préférer le suicide (assisté) à l’acharnement
10 se faire incinérer

Ne pas prendre de place, même la sienne, est devenu l’ambition suprême.
On doit donc en prendre son parti : il est de la dernière tendance et du plus haut chic de partir en fumée dès que la mort nous en donne l’occasion. Il est alors écrit que les fours municipaux se multiplieront, résurrection inattendue des fours banaux. Comme autrefois, au village, chacun viendra y porter non plus son pâton à cuire, mais son vieux père à griller…


Le village de Redditch, affreux bled d’Angleterre, a fait parler de lui il y a quelques mois pour un projet surprenant. L’affaire semblait un canular : le conseil municipal envisageait d’utiliser la chaleur produite par le four crématoire pour chauffer la piscine municipale. D’un côté, des citoyens calcinés par les flammes ; de l’autre, des citoyens engourdis par la flemme. Mourir pour inciter les autres aux délassements aquatiques ! Hé, Cindy, tu viens te baigner, demain ? Pas folle ! j’attends que la mère Brighton ait cassé sa pipe !
L’idée était frappée au coin du bon sens écologique : on ne va quand même pas dépenser du combustible à seule fin de faire disparaître le corps d’un mort ! Faut que ça profite ! Quoi ? Vous voulez qu’on vous incinère, comme ça, tout seul ? Un feu rien que pour vos os ?! ‘Rendez pas compte de l’impact, ou quoi ? Terrible ! Une apocalypse de retombées ! Non, si vous voulez qu’on chauffe vraiment le four à fond, faut partager la chaleur avec les avaleurs de Javel. Si vous n’êtes pas content, faites-vous incinérer à froid !

On imaginait alors que le bouchon était poussé un peu loin et que tout ça finirait dans la décence, denrée britannique s’il en est. Macache ! Non seulement la mesure a été adoptée, mais le village vient d’être récompensé d’un « green award » de mes deux pour l’excellence de ses pratiques vertes ! Une récompense nationale visant à encourager la chose, à la faire essaimer et, qui sait, à la rendre bientôt obligatoire ! A ceux des lecteurs qui lisent l’anglais, je conseille cet article, où un neuneu assure même que sa vieille tante, récemment morte, aurait trouvé formidable de servir de combustible pour que les as du maillot de bains ne se les gèlent pas quand ils font trempette. Là encore, on croit à une bonne farce. Mais non, c’est réel, c’est contemporain, c’est imprimé, ça se porte en étendard.

La machine est en marche, le mouvement nous entraîne. Déjà, quand on affirme à la cantonade qu’on refuse de donner ses organes post mortem, on se voit opposer que « nos organes ne nous servent plus à rien quand on est mort ». On a beau argumenter, on ne récolte qu’incompréhension et condamnation morale. Si l’on vante les mérites d’un cimetière particulièrement bucolique, on nous oppose que les cimetières prennent de la place, argument de promoteur immobilier qui recoupe par miracle les dogmes écologistes les plus avancées. Quand on attend que la Sécu rembourse les soins d’un nonagénaire, on entend dire que la société dépense en pure perte.Et demain, en généralisant les initiatives à la Redditch, on comprendra que les individus ne doivent plus rien attendre de gratuit de la société.


L’utilitarisme le plus massif gouverne désormais la morale, guidé par la bonne conscience du Soldat du Bien qui piétine traditions, modes de vie, croyances, mythes et principes moraux de ses deux pieds plats. Les intérêts des chantres du libéralisme et ceux des écologistes progressistes se trouvent, ici encore, mêlés. Du côté libéral-les-affaires-y-a-que-ça-dans-la-vie, on se focalise sur l’utilité économique du citoyen dépenseur transformé dès l’enfance en consommateur quantifiable. Notion d’utilité d’ailleurs largement dévoyée et qui ne dépasse guère le niveau de la rentabilité de court terme. Par exemple, bien que totalement inutile au bien-être général (pour parler comme Jeremy Bentham), la fabrication de crèmes pour retendre la peau des genoux des vieilles dames rapporte gros, et à ce titre, elle prend son utilité dans notre système comme dans les esprits. Idem pour un publicitaire vantant les mérites d’un pneu discount hyper casse-gueule, d’une pâte au chocolat qui te foutra les tripes en vrac, d’une huile de palme à faire crever trente-six hyènes, d’un circuit touristique qui détruira les plus beaux paysages, les paysans et le mode de vie qui vont avec. La morale s’est simplifiée à l’extrême : tant qu’un enculé produit du pognon, il est utile.

Du côté écologie-et-modernité-nous-voilà, il s’agit de changer la société en comptant qu’elle reste hébétée devant la brutalité et l’audace des attentats qu’on lui fait. La chirurgie écolo se pratique à la hache : PAN ! interdire les voitures en centre-ville, ou interdire les voitures un peu anciennes, là, comme ça, pan ! T’as pas de solution de rechange ? Tu te démerdes ! PAN ! on interdit les ampoules à incandescence, qu’on remplace par des merdes qu’éclairent que dalle ! Tu te re-démerdes, fils ! PAN ! on t’ordonne de mourir utile et collectif en utilisant tes cendres pour payer la note de chauffage de l’aqua-splatch local ! PAN! on décrète qu'il faut construire des immeubles de cent étages en plein centre historique parce que ça prend moins d'place au sol, hé ballot! Etc. La morale reste simple: tant que ça fait du bien à la plapla, à la plapla, à la planète, RIEN ne vous sera épargné.
L’écologiste surfe sur l’urgence, il utilise ce concept comme un bélier, il en tartine toutes ses certitudes. Réduire la crémation d’un être humain à un geste qui doive servir à quelque chose d’autre, comme si brûler du combustible uniquement pour ça n’était plus envisageable, comme si le mort ne méritait même plus qu’on lui sacrifie quelques fagots. Et pourquoi ? Parce que la planète se meure. Evidemment, réduire la combustion des centrales à charbon allemandes, ou chinoises, c’est plus compliqué que faire chauffer l’eau d’une piscine à couillons avec la peau des vieux. Alors on y va : on pond l’idée la plus indécente possible, on l’habille de bonne conscience et d’esprit de responsabilité, et l'on se convainc bien fort que ça va sauver la planète, cette conne !

Post Scriptum : lisez l’amusant et désespérant « L’écologie en bas de chez moi », de Iegor Gran. Ça vous rappellera Redditch.

samedi 2 janvier 2010

Mourir du cul d’un vigile


A moins d’être totalement naïf, de sortir de l’œuf ou d’être con comme un manche, il n’est pas permis en France d’avoir une bonne opinion de ceux qu’on appelle des « vigiles », pour la bonne raison qu’ils ne la méritent pas. Dans tout corps de métier, tout groupement, il y a forcément des abrutis. Chez les vigiles, c’est l’inverse : il y a forcément quelques types bien. La plupart du temps, les vigiles sont des brutes incapables du plus petit discernement, que seules des instructions strictes, un encadrement scrupuleux et la peur du licenciement retiennent de tabasser des femmes à poussettes pour refus d’obtempérer. Attention, ce tableau n’est pas spécifique aux vigiles en tant que tels : l’ensemble de l’humanité est majoritairement composé de brutes de cet acabit mais voilà, toutes ne sont pas vigiles. Quand un comptable chez Carrefour est un gros con, il n’emmerde que ses collègues de bureau. Quand le même con est vigile, il a potentiellement des milliers de gens à emmerder : les clients.
Oh, je sais bien que les clients sont, eux aussi, des cons, par la même logique et suivant le même constat qui me faisait débuter cet article amer. Mais voilà, encore une fois : ils ne sont pas vigiles, ils n’agissent pas en groupe, ils n’ont pas d’uniforme (avec tout ce que cela implique psychologiquement chez un abruti), ils n’ont pas de chef, pas de mission, pas de matraque et, sauf pour les plus désœuvrés d’entre eux, ils ne font pas de gonflette.
Aux tristes années où j’étais étudiant, j’ai travaillé deux ans dans une boîte de surveillance. J’ai donc fréquenté du vigile, pour en avoir été un moi-même. Je peux ainsi témoigner que je n’y ai rencontré que des brutes, des voleurs, des gens sans aucune moralité, incultes au-delà de tout espoir, parfaitement abrutis par leur nature et par les trésors de mimétisme que la vie en commun met à la disposition de chacun, des crétins de la pire espèce, de celle qui écraserait sciemment un mec parce qu’il n’a pas mis son clignotant. Ce n’est pas compliqué : même à l’Université, même chez les professeurs, je n’ai jamais vu autant de cons rassemblés.
Quand notre civilisation sera détruite et que quelques survivants faméliques voudront expliquer le monde ancien avant de crever eux-mêmes, il se serviront d’une image unique, j’en suis sûr, pour résumer tout ce que nous avons inventé de laid, de dégueulasse, de foncièrement pervers et dégradant : il parleront du Supermarché. C’est un maelström des plus bas instincts de l’homme, comme même le sport professionnel ne donne pas d’exemple. Le supermarché est ce qui se fait de plus grandiose dans l’art d’être minable, et de rendre minable le reste du genre humain. J’ai connu un menuisier qui vivait assez peinard, qui fabriquait des volets, des escaliers, qui les posait chez de jeunes couples ou qui réparait sa porte à la mémé du coin. Il n’avait qu’un défaut : des amis. L’un d’eux l’a mis sur un coup fumant : fabriquer des présentoirs ou comptoirs pour Cabino. Ce con a eu le marché, il a commencé à gagner de l’argent (ou plutôt, son chiffre augmentait, en même temps que le nombre de ses ouvriers, que ses charges, que ses heures de taf, etc), il est vite devenu dépendant de son client, puisque celui-ci a exigé qu’il ne travaille plus que pour lui (raison invoquée : par ses fonctions de fournisseur fabricant, il connaissait des « secrets » commerciaux de Cabino !!), il est donc devenu aussi con et dictatorial que son maître/ client et, pour résumer sa chiante histoire, il a été lourdé au bout de cinq ans, après des investissements énormes, parce qu’on s’est rendu compte qu’on pouvait aussi bien importer des comptoirs moins chers. Je ne vous raconterai pas comment il est mort : de toutes façons, tout le monde s’en fout.
Des vigiles d’un supermarché Carrefour lyonnais ont assassiné un pauvre type. Il avait peut-être fauché une canette de bière, ils l’ont interpellé et se sont assis sur lui, jusqu’à le faire mourir d’asphyxie. Selon les caméras de surveillance de ce supermarché de la mort, l’agonie a duré une bonne quinzaine de minutes. Et le pire, peut-être, dans cette atrocité, c’est que ces brutes ont probablement été inconscientes de ce qu’elles étaient réellement en train de faire. Mourir comme ça, sous les coups de la force et de la bêtise réunies, c’est la plus sordide des fins, c’est à vous glacer le sang. Mourir du cul d’un vigile de chez carrefour… C’est comme imaginer finir sa vie dans un accident de voiture et n’avoir, pour dernière image du monde, que le tablier maculé de tags d’un pont autoroutier plein de crasse.
Si l’analyse lucide de ce qu’est un supermarché ne suffit pas à rendre les gens définitivement allergiques, j’ose espérer qu’il se trouvera au moins un homme, en France, pour refuser désormais d’aller faire ses courses dans son Carrefour habituel, en pensant au local dégueulasse où on a tué un type pendant qu’à quelques mètres de là, d’autres trouvaient si pratiques ces nouvelles caisses automatiques sans caissières.

mardi 30 juin 2009

Mort en solde


Nous ne savons pas grand-chose du monde de demain. Et les gens qui viendront après nous, tout historiens qu’ils se prétendront, n’auront qu’un mince reflet de nos vies à se mettre sous la dent. Les choses sont ainsi : le passé n’est qu’une image mentale, au sens propre une fiction dans laquelle, au mieux, comme dans les meilleures productions laitières, des morceaux de vérité sont contenues.
Aussi improbable que ça puisse paraître, il est possible qu’un historien du XXIIIème siècle se penche sur les milliards de tera-octets de mémoire du WEB des années 2000, qu’il travaille sur le mois de juin 2009 et qu’il tombe sur ce qui fait l’actualité du moment. A coup sûr, s’il met en parallèle l’affaire Courjault et l’affaire Maddof, il ne comprendra rien. Je veux ici le rassurer par avance : nous non plus, nous n'y comprenons rien.
Une femme tue trois enfants, les siens, en brûle un et met les deux autres au congélateur, n’est reconnu ni folle ni irresponsable mais se voit punie de huit ans de prison. On n’exige même pas d’elle qu’elle se soigne, si un traitement existe pour ce genre de cas. Par ailleurs, un homme monte une escroquerie gigantesque en volant des milliards de dollars, et se voit puni d’une peine de cent cinquante ans de prison, c'est-à-dire presque vingt fois plus que s’il avait tué, en France, trois enfançons.
Quand le monde n'est plus compréhensible par personne, on dit qu'il est devenu moderne.

samedi 28 mars 2009

Up your asses !



En début de semaine, on apprenait que le préfet du Rhône se scandalisait par écrit que l’aéroport de Lyon (Aéroport Lyon- Saint Exupéry) soit renommé « Lyon Airports ». Je ne me suis jamais senti aussi partisan du corps préfectoral qu’à ce moment !
Au départ, en 1975, l’aéroport de Lyon s’appelle « aéroport de Satolas, du nom de la petite commune iséroise où il se trouve, à trois ou quatre kilomètres d’une autre qu’on aurait pu choisir comme éponyme, et qui s’appelle Montcul (authentique)... En 2000, pensant que Satolas n’était pas assez prestigieux, on lui change son nom, et on l’appelle « aéroport Lyon –Saint Exupéry », du nom d’un écrivain mineur que le hasard a faire naître place Bellecour. Presque dix ans plus tard, chaque lyonnais qui se respecte continue de dire qu’il va attendre sa mère à Satolas, et c’est très bien ainsi.
Une bande de gros nazes gras et épais, au premier rang desquels Guuy Mathiolon, président de la chambre de commerce et d’industrie de Lyon et président du conseil de surveillance ( ?) de Lyon Airports, ont résolu de faire vraiment beaucoup de fric grâce à cet aéroport. Avec d’autres ambitieux, ils veulent que Lyon deviennent une plaque tournante du commerce, une Babel des contrats en or, une Silicone Valley du dîner d’affaires, une Babylone de l’attaché-case. Ils veulent qu’à terme, New York et la City de Londres prennent exemple sur Lyon pour finir leurs fins de mois, et que les Princes d’Arabie viennent y quémander des crédits pour finir leurs palais. Le pognon, les affaires, ça, c’est de l’ambition, ça, c’est de la vision du monde ! Evidemment, ce genre de rêve ne saurait reculer devant aucun moyen, à commencer par les plus ringards. Ces incultes ont donc mandaté plus grotesque qu’eux pour pondre un concept-communication à la hauteur de leur bassesse : l’agence Brainstorming, dirigée par Jean-François Bourrec, ancien cancre de fond de classe reconverti dans les idées originales.
Devant les 200 000 euros de budget dévolus à l’opération de débaptisation de ce pauvre aéroport, ce mec s’est dit qu’il ne fallait pas y aller avec le dos de la cuillère. Pour un prix pareil, l’honnêteté et la conscience professionnelle commandent de se sortir les doigts du cul et de trouver une idée que les siècles futurs reconnaîtront comme une des dates de lancement du vingt-et-unième siècle, bordel. Illico, il a mis au travail son équipe de mousquetaires (consigne : « je veux du jamais vu » !) et, moins d’un quart d’heure plus tard (délai secret jamais révélé au public, mais que je livre en primeur sur ce blog), ils avaient pondu l’œuf : un nom anglais ! Il fallait y penser.
Au départ, la vérité est que le bon Bourrec s’est trouvé un peu effrayé par l’audace du concept : les commanditaires ne vont-ils pas reculer ? ne seront-ils pas trop déboussolés ? Ont-ils seulement entendu prononcer un mot en anglais avant ce jour ? Mais galvanisé par le souvenir de Baudelaire, de Van Gogh et de Galilée, qui surent eux aussi être en avance sur leur temps, le hardi tint bon et c’est le front haut qu’il proposa sa trouvaille à la CCI ivre d’enthousiasme et de petits-fours.
Le 24 février dernier, le nom de Lyon Airports est donc balancé au public dans un café lyonnais (le Gotha, ça ne s’invente pas) par les nullards réunis pour l’occasion, Mathiolon en tête, devant la presse locale endormie. On annonce également qu’un « consumer mag » va bientôt être lancé, trimestriel à destination des passagers qui n’en demandent pas tant. Il aura fallu un mois pour que le préfet, Jacques Guérault, écrive à la société Lyon Airports pour lui rappeler que l’Etat, actionnaire à 60% de la boîte, considère encore que la langue officielle de la république est le français, et qu’il faut changer ce putain de nom angliche et fissa (mot arabe signifiant « magnez-vous le train ») ! On note avec satisfaction qu’un Etat fort et centralisé est ce que l’homme a inventé de mieux pour cintrer les potentats locaux prompts à vendre leur langue maternelle contre un plat de pudding.

A part pour les quelques tocards responsables de cette pantalonnade, personne en France n’est assez dégénéré pour trouver normal qu’un aéroport (donc des panneaux indicateurs implantés sur les routes environnantes, etc.) porte un nom anglais. Quand les premiers yéyés sont apparus, au début des années 60, leurs noms à consonance américaine faisaient déjà pisser de rires nos parents, sans même parler de leur musique. A l’époque, qui aurait pu imaginer que cinquante ans après les Dick Rivers, les Johnny Halliday, les Richard Anthony, les Sheila & Ringo et les Stone & Charden, des individus doués de raison puissent utiliser la même ficelle, l’anglais, pour « faire rêver », ou donner une « dimension internationale » de la mort à un joli petit aéroport de province (et qui vous emmerde) ? Qui aurait pu prévoir qu’on tomberait aussi bas dans le mépris de soi ?
Pour l’instant, l’histoire se termine bien. Les ânes sont renvoyés près du radiateur, et les élèves normaux continuent de parler français en France. Qu’on laisse faire les chefs d’entreprise et les pubards de toutes sortes, et on verra bientôt des villes changer de noms pour rafler des marchés à l’export ! Lisez les arguments du Mathiolon, ils sont limpides et instructifs (le fichier PDF vaut son pesant de gifles, un résumé ICI). Ce faux-cul est capable de soutenir, dans une syntaxe à crever de rire, que les inventeurs de Lyon Airports sont des gens fiers : « Toute entreprise a une nationalité et en est fière. La nôtre est française. Elle est affichée à travers le nom de sa ville ». Ben oui, il faut reconnaître qu’ils n’ont pas changé le nom de la ville, et c’est bien dommage. Les Anglais disent Lyons, ça serait quand même moins franchouillard que Lyon. Une ville bi millénaire en a vu d’autre, elle pourrait faire cet effort-là !

samedi 14 février 2009

Ni français, ni étrangers: radioactifs !



Je recommande vivement cette enquête de France 3 sur la gestion des déchets nucléaires en France. Il s'agit d'un sujet qui ne suscite plus aucun débat public et, en dehors de quelques "opposants professionnels" qu'on présente trop souvent comme de simples emmerdeurs, dont personne ne connaît les tenants et aboutissants. On y découvrira donc quelques sites parfaitement décontaminés mais qui continuent d'affoler les compteurs Geiger, on y verra comment on enfouit les déchets nucléaires sous... d'autres déchets censés être moins nocifs, on se surprendra que les inspecteurs de la DRIR chargés de contrôler les activités de la Cogéma (devenue depuis Areva) soient des ingénieurs des mines nommés par le patron de la Cogéma!
Il est évident que cette enquête télévisée ne fait qu'aborder un sujet complexe (mais d'une façon déjà bien inquiétante) et qu'un coup d'oeil sur le site de la CRIIRAD permettra d'en savoir plus.

Après avoir vu et écouté ça, je propose d'enrichir la langue populaire d'une nouvelle expression: "menteur comme un cadre d'Areva", et je compte sur toi, lecteur persiffleur, pour la répandre dans l'environnement!

(je n'ai pas trouvé la première partie...)
deuxième partie
troisième partie
quatrième partie
cinquième partie
sixième partie

dimanche 21 décembre 2008

Vichy renoue avec les zeurléplusombres!

Attention, ce qui suit constitue une épreuve pour tous les Ignatius de France, tous les sensibles, tous ceux (et toutes celles) qui souffrent des attaques de la Laideur Grandiose et de l’Infinie Connerie. Par conséquent, si certains ne veulent pas subir une épreuve supplémentaire, qu’ils S’ABSTIENNENT D’ECOUTER CE FICHIER. Après, il sera trop tard !
Gilbert Collard n’est pas seulement un célèbre avocat mal coiffé, c’est aussi quelqu’un qui nourrissait le désir irrépressible de devenir maire de Vichy (oui, tu as bien lu, lecteur, il existe bien des perversions, dont celle-ci). Je dis irrépressible car pour oser faire ce qui suit, il fallait une nécessité absolue, un désir maniaque, un impératif catégorique !
Maestro ?
(les plus endurants d’entre vous, lecteurs, ceux qui écouteront toute la bande, auront la chance, peu avant la fin de l’écoute, d’entendre ce qui risque bien de devenir un moment d’anthologie qu’on se passera de site en site, jusqu’à la fin des temps…)


Merci à CL, honorable correspondant qui a su partager cette intense douleur.

dimanche 30 novembre 2008

Du sur mesure pour Copé

Jean-François Coppé se démène comme un pou pour faire adopter la loi scélérate sur le travail dominical. Lors de l'émission Dimanche soir politique, (I.télé, Le Monde et France Inter), il a osé déclarer :"ma responsabilité c'est que cet engagement de campagne présidentielle soit adopté par notre majorité. Non qu'il soit adopté de manière militaire mais de manière consensuelle et, j'ose le mot, conviviale". Oui, lecteur abasourdi, tu as bien lu. Devant l'opposition de quelques pelés (dont moi) mais aussi de députés UMP, les pirates sociaux du gouvernement mettent de l'eau dans leur vins, quitte à rendre cette loi presque anodine (exclure les grandes surfaces commerciales du bénéfice de la loi, par exemple). C'est le signe de ce qu'ils cherchent en réalité: mettre le pied dans la porte du code du travail, comme ils le font depuis vingt piges, avec les résultats mirifiques qu’on peut admirer. Une fois le repos dominical déchu de son statut de règle pour tous, on pourra dire adieu à ce qui faisait le rythme de nos vies depuis seize siècles ! Merde !
A tous les passifs et à tous les partisans de ce brigandage, je ne poserai qu’une seule question : si l’abandon du repos dominical pour tous est la solution pour nous sortir de la mouise, croyez-vous que, depuis la fin de l’Empire Romain, le premier être humain à voir clair à ce sujet puisse être Jean-François Copé ?

Jean-François COPE : la vraie dimension d'un homme d'Etat!

jeudi 18 septembre 2008

Beauf story

On ne le sait pas forcément, mais Johnny Hallyday n’a pas fait que massacrer le rock : il a aussi massacré la bonne vieille chanson française.

Dans les deux extraits proposés, nous verrons d’abord Johnny au Sacha Show, en 1967. Il massacre une chanson des plus simples (deux accords, ré et la7) mais en lui apportant sa touche caractéristique : il prononce « gorile » au lieu de « gorille ». J’ai eu beau me pencher sur les plus complets dictionnaires de la langue française, je n’ai pas trouvé qu’un autre homo sapiens ait jamais appelé ainsi notre massif cousin.



Mais il ne faut pas être trop sévère avec les idoles. Après tout, même Johnny peut avoir un défaut ! Nous lui pardonnons donc sans hésitation.

Le problème, c’est ce second extrait, tiré quant à lui de la splendide émission « Top à Johnny », et qui date de 1972, c'est-à-dire de cinq ans plus tard. Surprise : Johnny s’obstine à ignorer ce qu’un enfant de cinq ans connaît déjà, et rebombarde « gorile » le quadrupède innocent. Notons au passage la difficulté rencontrée dès que le vedette se risque à faire une phrase : Wouah, le rock, c’est pas du blabla, tu vois ?



On me dira : tu tires sur une ambulance. Ben merde ! une ambulance comme ça, qui fit l’objet du culte nationalo raffarinesque, dont la France émue fêta le 60ème anniversaire comme elle fit, jadis, des funérailles formidables à Victor Hugo ! Une ambulance qui remplit non seulement les stades, mais ses poches ! une ambulance qui représente quelque chose pour des milliers de Francaoui pressés de payer de BELLES SOMMES pour l’entendre ! Et surtout, une ambulance qui sera honorée comme une icône nationale quand viendra l’heure de la Grande Soustraction et que, rendue au silence d’avant Lui, la France organisera un commerce de Sa Putréfaction... Ben merde !

Johnny n’est pas exécrable en raison de ce qu’il est : s’il fallait détester tous les nazebroques, on mourrait d’épuisement en moins d’un quart d’heure. Il représente simplement le triomphe du faux, le règne à prétention hégémonique des marchands de camelote. Il symbolise tout ce que l’époque met en place pour donner à bouffer de la daube au peuple ainsi méprisé : faux puits en plastique pour mettre dans le jardin, fausses poitrines de rêve, faux parquets imitation bois, yaourts « goût fraise », résidence de rêve à Palavos-les-flats, faux R’n B, fausses poutres apparentes en polystyrène, fausse « découverte de l’Egypte » en bus climatisé, faux événements soigneusement organisés par le Conseil régional, faux rebelles subventionnés, faux diplômes, faux emplois en CDD et tout ce que la tromperie invente chaque jour pour nous faire passer pour des cons.

Comme il est entendu que toute chose n’a de la valeur que si elle est dite « de masse », nous nous farcissons donc un « chanteur de masse » depuis près de cinquante ans (50 !) : ben merde !

vendredi 12 septembre 2008

Qui est Collins?

Le Minnesota. Une palpitante contrée.

Ce soir, je rentre chez moi (22H30), je réponds à quelques mails, puis je vais choufer sur les sites de quelques journaux à la recherche d’infos sur la visite du pape en France (je sais, j’ai qu’ça à fout’). Je tombe sur la déclaration ubuesque du Pontif en blanc, rapportée par Libé, qui dit qu’une culture sans Dieu serait « une capitulation de la raison » … et je comprends que la pape a certainement étudié Sarkozy dans le texte : comme lui, il pratique l’art d’associer des contraires absolus dans ses phrases, il balance des énormités, sachant probablement qu’elles ne sont pas destinées à être suivies d’effet, ni de critiques. Passons.

En fait, c’est dans le Figaro que je vais trouver l’information importante, celle qui manquait à ma journée pour que je puisse me coucher tranquille, sûr d’avoir rempli ce jour avec profit : « Collins se blesse au golf ». Sous cet énigmatique titre, une phrase censée éclairer le lecteur nous apprend que « le pivot de Minnesota » s’est blessé à l’épaule. Le pivot de Minnesota, je sens le gros coup. En vérifiant sur l'article en question , je réalise l’horrible réalité : le Figaro fait un article sur un joueur de foot américain, ou de base ball, ou de basket, qui s’est cassé la gueule comme un con. Qu’est-ce que les péripéties de la vie des sportifs d’un autre continent et qui n’en sortent probablement jamais peuvent bien foutre au Français moyen ? A part des membres de sa proche famille, qui peut trouver le moindre intérêt à apprendre ça ? Ce Collins n’est pas, que je sache, un acteur important de la vie publique en France. Il n’a jamais trempé dans aucun scandale sportivo financier, merde ! Je comprendrais qu’on relate les déboires d’un Zidane, d’un Bigard, même d’une M.A.M. ! mais un joueur ricain qui se fout de la France comme de son premier million de dollars… et pourquoi ne parle-t-on jamais des cors au pied d’un sumotori nippon, de la gueule de bois d’un haltérophile russe ? Comment est-on arrivé à ce point de colonisation « culturelle » ? Depuis une dizaine d’années, on s’est progressivement mis à balancer les résultats des matches de basket américain dans les médias français, sans qu’aucune commission d’enquête parlementaire soit constituée pour trouver les causes de ce fléau, identifier les responsables et raser leurs maisons ! C’est un scandale national ! Comment peut-on imaginer un instant que des habitants de ce pays en voie d’abrutisation puissent attendre un classement de championnat de basket ball qui se déroule à 5000 bornes du périph ? Et si c’était le cas, pourquoi laisse-t-on de tels cons se reproduire ? On voit pourtant progresser cette peste. Et maintenant, c’est l’information pipolisée qui prend le relais. Bientôt, on aura droit aux photos de mariage de deux inconnus (dont l’un est quaterback à Bouseville – Kentucky) à la une du Monde !

Que l’information soit un piège à cons est une chose établie. Qu’elle devienne en plus ce miroir du néant qui nous envahit, ça va me gâcher le sommeil.