mercredi 28 mai 2008

Cimetière-à-ciel-ouvert Park

Un bien beau geste technique,
qu'on aimerait voir plus souvent!


Une expo d’authentiques cadavres humains débute aujourd’hui même à la Sucrière, à Lyon. Il s’agit de corps traficotés au silicone, devenus en quelque sorte plastifiés, donc exploitables (retenez bien ce mot) car incorruptibles. L’expo a déjà été réalisée ailleurs dans le monde et y a évidemment cartonné, ce qui n’est une excuse que pour les imbéciles. Quelques explications ICI.

Après tout, on tripote du macchabée depuis pas mal de temps, les académies de médecine en sont remplies et les peintres ont déjà représenté des séances de charcutage savant, Rembrandt notamment, avec les exploits du docteur Tulp. Grâce à ces coups de bistouri, la médecine occidentale a réalisé les progrès qui permettent aujourd’hui aux vieux cons de profiter des joies du trekking sur les pentes de l’Himalaya, entre deux parties de cul. Si on ne sait toujours pas rester jeune, on demeure vieux plus longtemps, c’est déjà ça.

Mais il doit être écrit quelque part que ce qui est bon pour le progrès général du genre humain DOIT AUSSI finir par rapporter du pognon à quelques uns. Il ne s’agit donc plus d’utiliser des corps humains à des fins de connaissance médicale, mais de les exposer dans des postures grotesques contre un billet d’entrée, entre un distributeur automatique d’argent et un baraque à frites. Car, tout le monde le comprendra, la « connaissance de notre corps », prétexte gentillet à cette pantalonnade (nommée Our Body), n’est pas l’objectif profond de l’opération. On y verra des cadavres écorchés faisant du football, des squelettes à vélo, des basketteurs tous muscles et tendons dehors, c'est-à-dire de gentils morts, des fantômes sympas qui bougent leur mort, des cadavres actifs ! On s’étonne presque qu’une association de trembleurs n’ait pas encore clamé sa frayeur de voir exposer, devant des enfants ( !), le mauvais exemple de squelettes à vélo sans casque

Un bien mauvais exemple...

Ces pantins plastifiés, qui furent pourtant des pères de famille, des fils, des filles, mais qui furent assez cons pour léguer leur corps à la science, sont là pour nous montrer sans doute le bon côté de la mort, ils nous prouvent que par delà le décès, et pour autant qu’on se remue un peu, on peut encore faire plein de choses ! « Avant, semblent-ils nous dire, la mort, c’était la galère ! Aujourd’hui, on peut continuer d’avoir des activités physiques, on voyage et on fait des rencontres ! » La mort, c’est ringard, a même lâché un pré ado à la sortie de l’expo, immédiatement giflé par une mémé passant par là.


ça suffisait pas, ça?