dimanche 6 juillet 2014

Le djihad électrique


Vendredi matin, je suis allé acheter des ampoules électriques. Sans compter le déplacement vers le magasin et le retour chez moi, cela m’a pris une bonne vingtaine de minutes. La rayon des ampoules était si fourni, les modèles étaient si nombreux, les sigles et pictogrammes si complexes, que je restai longtemps stupide devant l’abondance. Plus les minutes passaient, plus le choix à faire devenait compliqué. Me ressaisissant, je demandai l’assistance d’une vendeuse. Celle-ci m’expliqua le topo et répondit de bonne grâce à mes questions. Une vieille dame tenta de s’immiscer dans la conversation. « Des ampoules gros culot de 70 watts, vous avez ? » Aussi sec, je lui fis remarquer que j’étais en train de poser mes propres questions, et qu’il allait lui falloir patienter. Elle s’éloigna, continuant d’engueuler son mari, incapable de trouver l’aiguille de 70 watts dans cette meule de foin (je le comprends).

Les explications de la vendeuse finies, je demandai s’il y avait moyen d’avoir des ampoules normales. Normales ? fit-elle, toutes ces ampoules sont normales ! Des ampoules comme avant, répondis-je, à incandescence (j’ai beau me désintéresser un peu du grave sujet des ampoules, je connais quand même le principe des ampoules à incandescence, n’allez pas imaginer que je sois débile). Elle m’apprit que les ampoules « normales » vivaient leurs derniers instants, qu’elles cesseraient leur existence en 2016, réglementation européenne (ou pire) oblige. Vous en avez donc ? risquai-je. Non, elle n’en avait pas. Un magasin qui devance ainsi la loi, c'est sûrement pour notre bien...

Après vingt minutes, et après avoir eu besoin qu’une gonzesse m’explique l’art et la manière d’acheter des ampoules électriques, je remontai dans ma limousine, mes achats en main. J’étais soulagé d’avoir eu le courage d’acheter mes ampoules ce matin (c’est une des choses que je déteste le plus faire – après acheter des fringues), mais j'étais gêné, sans trop savoir pourquoi. J’ai compris plus tard.

Je suis maintenant devant mon ticket. Mes cinq ampoules m’ont coûté 39,07 euros. Tout en bas du ticket, un ligne discrète m’indique ce prix en francs : 259 francs (aux plus jeunes générations et aux collabos ayant oublié jusqu’à la valeur des francs, je précise que 259 francs représente une somme énorme). Je suis là, frappé d’hébétude, incapable de comprendre comment on a pu en arriver là. Que s'est-il passé, comment m’a-t-on habitué à me faire enculer de la sorte sans réagir ? Par quelle fatalité l’homme que j’étais s’est-il transformé en connard payant cinq ampoules 259 francs sans même penser à sortir un flingue et buter à tout va ? Comment est-il possible qu’un peuple qui, il y a deux siècles encore, coupait la tête des rois, accepte de payer 259 francs ce qui, quinze ans pus tôt, coûtait 12 francs ?


Mes ampoules sont installées, elles ne me donnent pas de la lumière, elles me la font chèrement payer. Quand l’une d’entre elles claquera, le souvenir de cette humiliation fera peut-être naître en moi une rage meurtrière incontrôlable. Peut-être deviendrai-je à mon tour, rendu fou par le sort qu’on nous fait, un candidat au djihad, le seul djihad authentique, le vrai : le djihad électrique ?

Le son du jour qui te donne envie d'être utile


Il y a deux jours, Bill Withers a fêté son soixante-seizième anniversaire. En pleine forme. Avoir du génie, ça permet aussi de bien vieillir, c'est comme ça.

Dans le petit nombre des grands artistes existe une race à part : ceux qui font des standards. Bill Withers en est. Créer une musique qui flatte tellement le cœur que les autres artistes s'empressent de la jouer, c'est ça, créer un standard. Ça n’est pas forcément une « bonne chanson », c’est autre chose. C’est un genre de truc qui semble avoir toujours existé, et qu’un type soudain redécouvre. Et comme il a toujours existé, on le connaît par cœur sans avoir vraiment besoin de l’apprendre. C’est une musique qu’on reconnaît.

On a beau dire, 1972 fut une bonne année. Entre Ziggy Stardust (Bowie), Can’t buy a thrill (Steely Dan), Harvest (Neil Young), le premier Inspecteur Harry, le Parrain, l’Argent de la vieille (Comencini), Pain et chocolat (Brusati) et Orange mécanique, les gens de l’époque auraient eu du culot de se plaindre. Ce fut aussi l’année de Use me, magnifique chant d’amour soul, morceau reconnaissable entre cent.



dimanche 22 juin 2014

Le son du jour qui redonnerait une âme à la France hollandienne

Attention, voici l'un des plus beaux morceaux de soul music jamais enregistrés. Ouais. Donny Hathaway, 1972, album Live au dessus du lot, osmose avec le public parfaitement rendue, plages longues et chargées d'électricité humaine, african style. Musique de transe, répétitive, lancinante et inspirée, ça s'écoute à fond en relâchant le nœud de cravate. ça s'installe, ça tourne, ça se promène, ça monte légèrement, puis ça digresse autour d'un rythme, ça se fait de plus en plus vivant jusqu'au point culminant (9.50 environ), une joie parfaite en pleine communion avec les petits veinards présents ce jour-là. Une perfection soul. 
Il n'est pas possible de se dire gentleman sans avoir le Live d'Hathaway dans sa discothèque et dans son cœur. Album indispensable et d'une intense homogénéité. Sa reprise de You've got a friend est à faire pâlir Carole King, et celle de Jealous guy rendrait Lennon jaloux...

Donny Hathaway fut un météore dépressif qui ne survécut pas à la décennie 70. Il se suicida en janvier 1979, à 33 ans. Il a travaillé avec de nombreux artistes,  de Curtis Mayfield à Roberta Flack, en tant qu’auteur, compositeur ou arrangeur. En dépit de sa brève carrière et du statut écrasant d’un Stevie Wonder, il demeure un des plus importants musiciens soul, une voix qui n’a pas vraiment eu le temps de se faire entendre, mais qu’on ne peut oublier. 
Qu'on en  juge right now !...

 

samedi 14 juin 2014

Enfin sortir de la jungle



Tout le monde ne sait pas ce qu’est un straggler, mais tout le monde en a entendu parler. Les stragglers (traînards) sont ces soldats japonais qui ont continué la guerre bien après la capitulation du Japon. Ils étaient tellement isolés (sur des putains d’îles, dans des putains de jungles) que l’information ne leur était jamais parvenue. Ou, peut-être, étaient-ils tellement va-t-en-guerre qu’ils ont préféré continuer la baston, même sans adversaire… Toujours est-il que le dernier straggler a rendu les armes en 1974, trente ans après la fin de la guerre. Preuve éclatante que pour se battre, on n’a besoin ni d’ennemi, ni de danger. Du reste, des pourfendeurs d’ennemis disparus, imaginaires, ou crevés depuis des lustres, nous en connaissons beaucoup d’autres.

Il est des gens qui croient qu’il faut se battre pour contrer l’influence de l’Eglise. Il est des gens qui redoutent un putsch militaire à Paris. Il en est qui militent contre la peine de mort. Il en est qui défendent le droit des femmes à se promener sans sac à main. D’autres qui pensent devoir lutter pour garantir le droit des écoliers de ne pas porter la blouse. D’autres encore qui refusent tout net de chanter la Marseillaise ! D’autres qui pensent que parler grossièrement, écouter du rock ou tordre la bouche en regardant l’objectif sont des actes subversifs. D’autres encore, plus radicaux, qui luttent contre les nazis. On se demande où les gens vont chercher tout ça. On se demande surtout où ils étaient, dans quelle partie isolée du monde ils ont vécu ces cinquante dernière années. En tout cas, ils conservent intacte leur capacité à se battre, même après la disparition du dernier des moulins à vent. Les stragglers sont partout.

samedi 7 juin 2014

Le retour de la grosse chatte poilue


Vous voulez passer pour un immense connard ? Dites du mal de Gustave Courbet. Dites que vous n’aimez pas son œuvre, ou que vous vous chiez sur sa mémoire, ou que vous dites merde au réalisme en peinture. Pire encore : dites que « l’Origine du monde » n’est qu’une blague de potache poussée à son point de perfection. Alors là, si vous soutenez ça dans certains cercles éclairés, vous êtes sûr de recevoir pour votre anniversaire le T.shirt « je suis un sale nazi ».

L’Origine du monde est une œuvre totalement merdique, et ceci depuis 1866. La différence d’avec 1866, c’est que notre époque a tellement saturé l’espace public de chattes, que plus personne aujourd’hui ne peut être « interpellé » par la foufoune originelle. Ni interpellé, ni choqué, ni même excité. Aujourd’hui, Gustave, on a des chattes sur les paquets de lessive, ou presque ! Les chanteuses pour adolescentes nous la foutent sous le nez en rigolant ! Évidemment, on ne peut pas reprocher à Courbet de n’avoir pas deviné que 2014 exposerait l’entrecuisse de ces dames jusque sur les abribus. Le Gustave, il a fait une œuvre de commande carrément olé-olé, il est allé à l’essentiel pour un commanditaire désireux d’étoffer sa collection d’érotiques.

dimanche 25 mai 2014

Les gens qu'on déteste : les pastabriseurs


Le monde obéit à des règles. De grandes lois nous régissent, que nous ignorons parfois, mais qui n’organisent pas moins nos vies. L’homme se présente volontiers comme la créature qui s’affranchit de ces lois, alors qu’il ne peut que composer avec. Que risque-t-il, sinon ? La mort, la ruine ou, pire encore, le ridicule.

Nous ne manquons pas de raisons de détester nos semblables. L’une d’entre elles, parmi les plus éminentes, est leur tendance à ne pas respecter les grandes lois universelles. Et entre ces grandes lois, la plus couramment bafouée est peut-être celle qui prescrit que les choses sont faites pour un usage précis. La méconnaissance de cet usage, quand ce n’est pas son mépris affiché, est le propre du benêt, du plouc et du barbare (c’est parfois une seule et même personne). Prenons un exemple : les spaghettis.

jeudi 22 mai 2014

Les heures sombres de Tarascon


*

Alors que le Président Hollande et ses ministres démontrent leur incapacité à inverser la moindre courbe, le cinéma français d'avant-guerre inversait déjà le salut nazi. Raimu, célèbre nazi méconnu et comédien emblématique de notre âge d'or, n'avait pas son pareil pour rappeler les heures les plus sombres de notre histoire. Mais pas comme le premier nazillon venu : il rappelait ces heures sombres dix ans avant qu'elles ne survinssent!

Cette photo tirée de Tartarin de Tarascon, film de Raymond Bernard (fils de Tristan) de 1934, parle d'elle-même. Elle devrait permettre à certains de démontrer que de tout temps, le Français fut fécond de surgir... le Français surgit du ventre immon... le Français d'où a surgi le ventre est... la bête féconde l'immonde Français du ventre est surgi, oui, c'est cela même !


samedi 17 mai 2014

Musique légère et grâce mélodique


Petite chanson bien agréable du canadien Marc Jordan, tirée de l’album Mannequin (1978), mine de choses intéressantes dans le style jazz folk funky propre à la fin des 70’s.
Pour cet album, Marc Jordan était accompagné d’une flopée de musiciens épatants, Jeff Porcaro (batterie), Chuck Rainey (basse), Donald Fagen (claviers), Larry Carlton et Steve Lukather (guitare), Tom Scott (saxo), ce qui est bien. Album produit par Gary Katz, ce qui est encore mieux.



vendredi 16 mai 2014

Réponse des sangs impurs



Je suis comme beaucoup de gens, j’aime Lambert Wilson. Il est ce qu’on est convenu d’appeler un grand acteur, c'est-à-dire que son registre est très large, son style bien identifié, et sa carrière remarquable. A un très bon niveau il est capable de danser, de chanter, d’être drôle ou tragique, sérieux ou léger. Il est l’héritier d’une certaine école et d’un certain style de comédiens très français, dont le charme personnel renforce encore le métier, pourtant solide. Tout ceci ne l’empêche nullement de dire d’énormes conneries.

Il vient de donner son avis sur la Marseillaise, vous savez, le chant qui servait d’hymne national quand ce pays était encore une nation. Comme la Taubira déclenche de justes reproches suite à son refus de chanter la Marseillaise (que même des citoyens aussi peu concernés que les footballeurs entonnent désormais), chacun en profite pour donner son avis sur un sujet qui s’en passerait très bien. Et selon Lambert, la Marseillaise est un chant « raciste et xénophobe ». Il précise que sa musique en est « fantastique », mais que ses paroles sont « d’un autre temps », et qu’on devrait bien sûr en changer.

Le nom maudit de nos pères



Quand ils ne peuvent plus faire l’Histoire, certains peuples font des histoires. C’est le cas des Français. En ce moment, les Français font des histoires avec la commémoration de l’esclavage. Autant l’esclavage ne pose plus de problème (au sens où il n’a plus aucun partisan affirmé de par le monde, sauf dans certains pays d'islam...), autant la question de sa commémoration ne va pas de soi. D’abord, que commémore-t-on ? L’abolition de l’esclavage, ou l’esclavage lui-même ? Se souvient-on de la loi d’abolition ou, par des cérémonies, veut-on qu’on n’oublie pas que l’esclavage a existé ? Les deux. Les autorités veulent qu’on célèbre les deux, et là est le problème. Si l’on fêtait le décret de Victor Schoelcher comme une avancée humaniste remarquable, pourquoi pas ? Un peu comme le 4 août et l’abolition des privilèges. Mais célébrer l’esclavage pour qu’on n’oublie pas qu’il a existé, c’est rendre la souffrance des esclaves totalement exorbitante par rapport à toutes les autres, et on se demande bien au nom de quoi. Pourquoi commémorer l’esclavage et pas les déportations, les villes passées au fil de l’épée, les pestes, les gibets, les conquêtes sanglantes, les populations décimées ? Pourquoi le Commerce triangulaire et pas Holodomor ? C’est de là que viennent, à mon avis, toutes les réticences ; c’est le péché originel de cette initiative boiteuse.

dimanche 11 mai 2014

Piquons Giscard



Il est parfaitement inutile de dire du mal de Valery Giscard d’Estaing. Aux yeux des amnésiques, sa position d’ancien Président de la République lui confère la qualité de vieux sage, alors que son bilan personnel le range, aux yeux des autres, dans la catégorie des vieux cons. Valery Giscard d’Estaing, c’est une certaine idée de la médiocrité à la française. L’homme sait parler de tout mais ne comprend rien. Il brille dans le vide absolu. De l’avis de ceux qui l’ont fréquenté, on ne saurait trop le sous-estimer. Je mets d’ailleurs publiquement au défi le genre humain : qu’on me cite une chose excellente faite ou dite par ce crâne d’œuf, et je verse un an de salaire à la ligue mondiale pour le tatouage / piercing.

La dernière connerie de Giscard est révélatrice de cette médiocrité intellectuelle dont il est le parangon : il estime qu’en temps de crise, compte tenu de l’état merdique du pays, le 8 mai dernier, il aurait fallu travailler. Selon lui, pour redresser la France, cette vieille peau, ce jour ne devrait plus être chômé. Il n’y va pas assez franchement : il n’y a qu’un 8 mai par an, tandis que des dimanches, nous en avons plus de cinquante ! Si on veut redresser le pays, supprimons les dimanches chômés ! D’ailleurs, c’est ce que ses soi-disant adversaires socialistes sont en train de faire, en commençant par autoriser l’ouverture dominicale des camps d’achats de bricolage. Et en attendant pire… Le lundi de Pâques, quand on y pense, de combien de millions d’heures de taf il nous prive, l’ignoble ?

samedi 10 mai 2014

Les gens qu'on déteste : les méprononceurs



En inaugurant une rubrique intitulée « les gens qu’on déteste », j’ai conscience d’entreprendre une tâche immense. Je mesure le travail à accomplir, les responsabilités en jeu, le poids de la démographie mondiale et la disproportion des forces en présence. D’un côté, moi ; de l’autre, au bas mot, le reste du genre humain. Pas tout le genre humain, non, restons raisonnable, seulement les connards, les abrutis, les moules à gaufres, les têtes de con, les pénibles, les boursouflés, les pédantiques, les tarlettes, les nuisibs, les enflards, les mochetés, les sournois, les troncheux, les hyènes lubriques, les fils de poux, les piercés du nœud, les gobeuses, les qui-ne-comprennent-pas-qu’on-puisse-ne-pas-être-d’accord, les avaleurs de travers, les bourriques velléitaires, les répéteurs de refrain, les protesteurs de bonne foi, les éthiques sous décodeur, les fanatiques tolérants, les enjambeurs de vieilles femmes, les montreurs de plaies, les importateurs de djembés, les poignardeurs dans le dos, les señoritos à mutuelle, les briseuses de tabous et de mes couilles, les loucheurs en biais, les bâtisseurs de barbecue, les porteurs de keffiehs, les dénonceurs d’ordures, les bétonneurs joufflus, les sportifs, les trouveurs de marchés porteurs, les joueurs d’euromiyon, les faisans, les brebis du transhumanisme, les flatteurs de connes, les militants pour ton bien, les sots, les fats, les pimbêches cultivées, les positiveurs, les shampooineurs concernés, les emmerdeurs transgenres, les buveurs d’eau gazeuse, les astiqueurs de joncs, les élégants du survêt’ blanc, les incontinents du selfie, les lustreurs de concepts, les téléphages, les donneurs d’organe, les hystériques, les bigleux à Google glass, les ravis du lotissement, les fouteurs d’ambiance, les branlocheuses d’Iphone, les touristes hyperactifs, les filles trop grandes avec des pieds énormes, les tatoués sur le cou, les syntaxo-déficients, les optimistes, les-qui-emploient-sans-arrêt-le-mot-partage, les twitter-teufeurs, les afficheurs de conviction et les malpolis.

samedi 5 avril 2014

Le baratin


Le métier politique n’est certes pas facile. Il faut faire face à de réelles difficultés, aux contraintes héritées, à l’opposition de toute sorte de gens, à l’incompréhension, à ses propres limites. Il faut faire face au mensonge qu’on est forcé de pratiquer, quoi qu’on dise. Il faut lutter contre les manœuvres des adversaires et les ambitions de ses amis. Toutes ces choses sont connues, et vieilles comme l’Histoire. Dans la démocratie moderne, en plus de tout cela, gouverner s’assortit aussi de la nécessité de baratiner.

« Gouvernement de combat ». L’expression est lâchée, elle restera. François Hollande invente lui-même les instruments de son dénigrement. Le Flan tend le flanc pour se faire battre. Il fait le boulot à la place des Guignols de l’info. C’est la mascotte des chansonniers. Avec lui, plus besoin de se creuser les méninges pour trouver une vanne, un bon mot : il galèje à la place des pitres. Gouvernement de combat… pourquoi pas Tortues ninja du redressement ? Pourquoi pas Légionnaires du plein emploi ? Pourquoi pas Poilus du renouveau et de la balance commerciale ? Pourquoi pas Conquistadors du vivre-ensemble ?

lundi 31 mars 2014

Le vide fait verbe



Dans l’histoire du verre à moitié plein ou à moitié vide, la seule question qu’on ne pose jamais est celle de l’intensité de la soif. C’est pourtant cette seule question qui donne sa valeur à l’appréciation du verre. En effet, qu’ai-je à foutre qu’un verre soit « à moitié vide » si je n’ai pas soif ? Il peut aussi bien être à moitié plein, aux trois quarts plein, ou plein totalement, je m’en passe. En revanche, si je crève de soif, à moitié vide ou à moitié plein, ce verre sera insuffisant. Que l’on soit plutôt optimiste ou plutôt pessimiste n’a jamais eu le moindre effet sur le taux de remplissage d’un verre.
L’appréciation de l’individu et le mot qu’il colle à ce qu’il voit (plein ou vide) n’ont donc aucun rapport avec la quantité d’eau contenue dans le verre, ni avec l’utilité immédiate de celle-ci pour l’individu.
En somme, la seule chose qu’on oublie ici, c’est le réel.

lundi 10 mars 2014

Les dents de Michel Houellebecq


Lors de la publication de son dernier livre, Michel Houellebecq a fait un passage dans les médias bien plus court qu’à son habitude. Passage médiatique assez peu remarqué puisque le livre en question est un recueil de poésies, et que la poésie n’intéresse plus personne en France. Si Victor Hugo publiait la Légende des siècles aujourd’hui, il devrait le faire sur un blog gratuit.
Personne ne semble avoir remarqué que Houellebecq est édenté. Sur les plateaux de télévision, temples du propre, du clinquant, symboles du paraître, il est venu parler poésie sans même mettre un dentier. Or, il est peut se payer un dentier. Il a donc fait ce geste sciemment : venir mettre un peu de réel au milieu des quadras liftés, des ratiches blanchies au laser, des tartineurs d'antirides compulsifs. Depuis la mort de Paul Léautaud, on ne pensait plus revoir un écrivain sans ses dents, non pas que ces outils soient tout-à-fait indispensables à son art, ni même à sa carrière dans le monde des lettres, mais tout simplement parce que personne, à part les clochards, ne se promène plus ainsi. Houellebecq l’a fait.

vendredi 7 février 2014

Axe franco-nippon

Nous venons d'apprendre qu'un musicien japonais (Mamoru Samuragochi) connu pour être une sorte de phénomène à la Beethoven, compositeur précoce et génial et sourd (!) n'était en fait qu'un imposteur : le saligaud faisait bosser un nègre pour la musique, et il n'était pas plus sourd que vous et moi ! Pendant des années, il a réussi à duper le peuple japonais et à lui vendre sa musique.

Ce n'est pas pour dénigrer les Japonais en général et leurs imposteurs en particulier, mais en matière d'escroquerie, la France peut légitimement revendiquer la palme.

jeudi 23 janvier 2014

Les gens qu'on aime : Leadbelly




Si la longévité humaine était vraiment remarquable, Leadbelly fêterait aujourd'hui ses 129 ans, peinard. Il était né un 23 janvier, en 1885, en Louisiane. C'était un chanteur de blues, comme de bien entendu.

En plus d'avoir composé un bon nombre de morceaux qui illumineront les années 1960/ 1970, repris et réinterprétés par d'autres bien après sa mort, Leadbelly est le père du superbe Black Betty, repris et rendu fameux en 1970 par les Ram Jam, qui lui donnèrent un son et une énergie très rock. Leadbelly, lui, jouait sur une guitare à 12 cordes ou, comme sur Black Betty, chantait a capella en battant juste une pulsation. D'ailleurs, en écoutant cette chanson, essayez donc de battre la mesure comme lui...

vendredi 17 janvier 2014

Pierre Bergé, le thaïlandais




En ce moment, et depuis plusieurs semaines, la Thaïlande connaît de très grosses manifestations anti-gouvernementales. Lassée de la corruption et de l’impunité de ses élites, le peuple est dans la rue et fait ce qu’il peut faire : il gueule. Hier, au beau milieu d’une manifestation de plusieurs milliers de personnes, une bombe a explosé.
Une bombe au beau milieu d’un cortège de manifestants, quel meilleur hommage la Thaïlande pouvait-elle rendre à Pierre Bergé, humaniste, homme de gauche et précurseur français, qui a su montrer la voie à ce courageux pays pour le traitement des opposants et autres vermines ?


En ces temps de morosité et de perte de confiance, n’ayons pas peur de revendiquer l’excellence française et ses réalisations hors de nos frontières. Au-delà d’Airbus, de la fusée Ariane et des eaux minérales, la France exporte aussi un certain sens du pragmatisme humaniste.

Pierre Bergé, un modèle pour le Sud.

lundi 13 janvier 2014

Question récurrente


Les Français et l'ensemble des peuples du monde se réjouissent qu'une réponse claire soit enfin donnée à une question qui demeurait jusqu'ici suspendue à l'apparition d'un homme politique responsable et volontaire, ayant su mettre la puissance publique au service du droit, de la liberté et de sa carrière la justice.




vendredi 10 janvier 2014

Orientation haussière sur le marché du cul




Je me souviens de cette vieille blague de deux mecs qui se rencontrent dans un bar. Ils se mettent à discuter de choses et d’autres et à un moment, l’un d’eux pose une question purement théorique : pour mille euros, est-ce que vous vous feriez enculer ? Ça va pas la tête ? répond l’autre.
- Oui, mais pour dix mille euros, est-ce que vous feriez enculer ?
L’autre s’énerve : vous me prenez pour qui ? Je mange pas de ce pain-là !
- Ok, ok… mais pour cent mille euros ?
- Lâchez-moi avec ça, putain de merde, je suis pas une tante ! Je vous dis non, bordel !
- J’ai compris, excusez-moi, j’avais mal estimé la chose… j’ai compris que vous êtes un homme un vrai, et pas question de revenir là-dessus, ah, ha… Vous rebuvez quelque chose ?
- Je reprendrais bien un Cognac.
- Garçon, deux Cognacs ! Au fait, pour être vraiment sûr d’avoir bien compris, pour un million d’euros, vous vous feriez pas enculer ?
- Vous avez dit combien ?
Moralité : c’est pas les enculés qui manquent, c’est le financement.